La parole, quelle belle invention. Ce qui est vraiment intéressant, c’est quand vous avez en gros 200 mots de vocabulaire (donc à 2 ans, elle parle couramment comme un Kikoo-lol), le fait d’augmenter le volume d’environ 150db fait que n’importe qui vous comprend…dès qu’il sort du coma bien-sûr (suite à la déflagration version « Décollage de la fusée Ariane au milieu du salon »).

Étant donné que ma petite geekette est une véritable bourrique, je vous laisse imaginer parfois ce qu’une conversation peut donner:

– « Allez hop, au bain »

– « Non »

– « Si, c’est l’heure du bain »

-« NON NON NON NON! »

A coté, Godzilla, c’est Casimir !

Mais il y a mieux, dans les 200 mots, il y en a qui sont bien maitrisés (genre: voiture, camion, moto…Je vous jure que c’est une fille) et d’autres où on est un peu comme Christophe Colomb face aux premiers Amérindiens (genre: « keskelledi ?..Heu…No Comprendo !..Ich bin ton père ! »).

Donc quand un dimanche matin, la geekette déboule dans la chambre en hurlant « Ahhhhh…LA PAPATCHA ! »…

Alors je sais pas vous, mais moi le dimanche matin, tant que me suis pas caféiné la tronche à dose de cheval, c’est même pas au radar que je suis, je rebondis littéralement contre les murs (Purée…Le nombre de fois ou je suis resté bloqué dans l’escalier…).

Donc, avec le cerveau en vrac, je pense en premier « MAMOUCHKA » et me dis que c’est pas possible. C’est à la deuxième interjection que je parviens à comprendre qu’elle parle d’une pince à linge et pas de l’oncle Fétide.

Dans la série des approximations auditives, il y en a une qui peut littéralement nous mettre dans une situation très délicate au moment du ravitaillement hebdo au marché du coin.

Effectivement, nous avons la chance de pouvoir nous ravitailler en victuailles diverses et variées pour à peine le PIB du Portugal au dit marché-du-coin (sans déconner, vu le prix de la volaille..moi je lui dis « Vous » au poulet !).

Bref, après l’aval du banquier, j’aime bien acheter un peu de fromage pour la croquette (mais du vrai quoi…celui qui passe pas la douane à JFK !). Mais le soucis c’est que la croquette elle ne dit pas « Fromage »….Elle dit :

« LE RONASSE ! »

Vous imaginez la scène: tu te pointes face aux crémières-qui-roulent-en-Porsche, et ta fille les pointes du doigt en hurlant « Oh…les ronasses ! ». Tu peux être sur de devoir faire péter le P.E.L pour une tranchette de comté.

Mais, parfois, le danger est déjà dans la maison. Enfin, pas vraiment dans la maison mais à 10km: chez Nanny (la mère-grand quoi…-BAF-ma femme viens de passer devant l’écran). Et Nanny, elle est allemande (avec l’accent et tout…-RE BAF !). Donc quand on laisse la mini-geekette une nuit chez sa Nanny, il faut s’attendre a quelques modifications d’ordre idiomatique le lendemain

Pas plus tard que samedi dernier, elle a donc passé une nuit chez sa Nanny-d’amour (j’aime ces soirées « Parents indignes » ou le super combo resto+ciné+dormir te mettent en face d’une terrible vérité: à 22h30, t’es mort de fatigue !).

Le dimanche soir (après avoir récupéré notre fille a 11h…N’appelez pas la DDASS tout de suite.) ma croquette joue tranquilou avec un petit poupon, et d’un coup, elle nous fait une  » Véronique Courjault » et balance le bébé à travers la pièce.

Je rejeton en plastique fait un vol supersonique avant de s’écraser contre la porte avec un bruit qui n’est pas sans rappeler un certain décollage-au-milieu-du-salon (cf plus haut).

Et là, elle s’approche de l’épave encore fumante, point du doigt le bébé et braille « KAPUTT ! »

Depuis j’essaye de lui apprendre « Ja wohl, Kolonel Klink ! », mais je ne suis pas sur que ma femme adhère à mon projet de contre-offensive.