Si vous suivez ce blog depuis quelques temps, vous avez sans doute remarqué avec quelle fébrilité la Croquette attendait la descente annuelle du père Noël (aka Papoël). Ce n’est pas qu’elle comprenne très bien ce qui se passe au niveau de Noël (encore que..) c’est surtout qu’elle a bien intégré qu’une cuisinière et moult paquets allait être parachutés via l’ami barbu des enfants :

(Bah quoi ? Lui aussi il à été l’ami des enfants…C’est pas à lui que vous pensiez ?)

Bref, vous vous doutez bien que l’attente de Papoël allait être coton à gérer…Voici donc une petite chronologie des évènements.

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Le pèlerinage (et son retour)

Pour bien commencer les vacances, rien de tel qu’un petit pèlerinage vers le Noël de mon enfance.

Nous voilà donc a Orly à attendre la Navette Paris-Nice avec une Croquette qui tient plus de Godzilla que de la petite fille modèle (qu’elle est 90% du temps, mais quand elle part en live, planquez la porcelaine de Tata Ginette !).

Bref, même si l’avion n’a eu que 30 minutes de retard, j’ai bien cru que j’allais finir en H.P. avant la fin de l’année.

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Petite parenthèse de papa en colère (si vous bossez chez ADP, désolé pour vous mais ca va saigner !)

Si jamais je retrouve l’abruti en chef qui a décidé que les salles d’embarquement de l’aéroport d’Orly seraient en fait des sortes de « zones de quarantaine pour pestiférés avec enfants », je lui agrafe le zboub sur la machine à rayon X, car il n’y a qu’un homme pour ne pas penser ne serait-ce qu’à mettre des tables à langer dans les toilettes.

Mais merde, dans la pire des stations service d’autoroute, il y a une table à langer dans les chiottes, pourquoi il n’y en a pas dans le 2ème aéroport de France ? Mmmmm ?

Pardonnez donc ce petit moment de haine ordinaire totalement gratuite (mais c’est ca qui est bon).

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J’en étais ou moi ?…Ah oui, l’avion par temps de neige…Le tout n’est pas de partir, c’est qu’il faut aussi revenir. Et là, ca a été une autre chanson car ce n’est pas parce que l’on part dans le sud que toute la neige va fondre par miracle. Autant vous dire que j’ai passé la veille a télécharger toutes les applications d’aéroports pour être tenu au courant des retard et des annulations (depuis, c’est plus un Iphone que j’ai, c’est un guichet Air France).

Mais c’est quand on perd petit à petit foi en l’humanité (surtout après ce que j’avais vécu 3 jours plus tôt) que les miracles se produisent car, si depuis je voue une haine à ADP proche de celle de McCarthy pour les communistes, il suffi de dire « Aéroport de Nice » (ou « AReoport de Nice » pour les puristes…dont je suis) pour que la vie me paraisse tout de suite moins vaine et ce pour une raison simple : ILS PENSENT AUX PARENTS ! !

Pas cons les mecs….

Eh oui ! Ils ont trouvés une idée de génie…Ils ont mis des jeux pour enfants dans les salles d’embarquement ! ! Mais c’est dingue…Quelle clairvoyance de la direction. Plutôt que de gérer des pleines brouettes de lettres d’insultes et de colis à base de pétards+caca, ils ont investis quelques euros pour acheter leur tranquillité (et la notre par la même occasion) et je ne vous parle même pas des toilettes AVEC tables à langer…

Alors que l’hôtesse au sol, qui avait le malheur d’annoncer pour la 7ème fois que le vol était repoussé de 15 minutes, était sur le point de faire bouffer ses béquilles à une vieille qui n’était pas sans rappeler Tatie Danielle. Vous voyez le genre: « C’est un scandale..De mon temps, les avions décollaient par tout les temps » ! J’ai bien failli aller voir la momie pour lui préciser que de son temps, les seuls avions qui décollaient aérien étaient des Messerschmitts, mais je me suis ravisé au dernier moment car derrière moi, un cri perçant me parvint aux oreilles:

« PAAAPAAAA…A manège là…Une bashure ! » – pour ceux qui n’auraient pas suivis: bashure = voiture

Et voilà la Croquette, qui monte dans la bashure la voiture. Sitôt ma pièce de 2€ avalée par la machine, la voilà qui commence à gigoter dans tout les sens et a émettre des son plus ou moins bizarres (la machine, hein ! Pas ma fille !).

Autant vous dire que tout cela a eu raison du courage exemplaire de la Croquette qui, très dignement, m’a fait comprendre que ce n’était pas sa tasse de thé:

« AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH…PAAAAAAAAAAAAPAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA! A peuuuuuuuuuur la bashuuuuuuuuuuuuuuuure ! » – (le tout en tentant désespérément de s’accrocher à mon pantalon)

C’est donc suite à ce psychodrame que nous sommes allés voir les avions, en passant devant le guichet d’embarquement histoire d’avoir droit a une nouvelle scène de la part de la reine Bavmorda.

C’est donc au bout de 2h30 que nous embarquâmes enfin…

J’aime autant vous dire que sans les jeux pour les enfants, je pense que moisirai en taule pour empalement-de-vieille-toupie-sur-déambulateur-orthopédique.

Mais durant cette attente, et tout en surveillant la Croquette, une idée d’apocalypse me traversait l’esprit: « Mais comment font les parents de gosses qui égarent Doudou ? »…Un scénario germa alors dans mon esprit embrumé (a ce moment, il était plus qu’embrumé mon esprit, mais des âmes sensibles lisent peut-être ces lignes) et voilà le résultat:

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( toutes ressemblances…gnanani-gnanana…Mais bon, j’assume tout !)

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L’attente de Papoël

Même si la Croquette ne sait pas encore lire, elle est absolument fascinée par les divers catalogues, mais que ce soit de jouets ou une pub pour une convention obsèques, le résultat est le même: « Ah… veux lire moi ça ! » (dans cet ordre…)

Bon, dans tout les cas, comme la Croquette est une indécise chronique (comme cela ne viens pas de moi, je me demande bien de qui elle peut tenir ?…), ma chérie et moi avions déjà fait quelques choix dont les meilleures feuilles on été habillement distribuées aux Papoël-Grands-Parents, Papoël-Tatas, Papoël-Copains, etc.

Évidement, la liste était longue comme un jour sans pain et après plusieurs choix stratégiques, nous avons pu contenir le volume des cadeaux à un seul porte-conteneur !

Bien sur, tout ceci fait dans le plus grand secret (en gros, toutes les notes étaient posées a plus de 1m de hauteur !…Et de toute façon elle ne sait pas encore lire !).

Mais l’attente du 24 a été jalonnée de plusieurs évènements:

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Le calendrier de l’avent

Pour faire genre on-est-des-parents-trop-modernes, ma douce et tendre a eue la bonne idée d’acheter un calendrier en bois à peindre et a garnir soi même. Je pense que même le calendrier en bois brut pas-peint-et-pas-garni aurai largement pu suffire au bonheur de la Croquette car il fallait entendre les petits cris (trop choupis) dont elle nous a gratifié a la vue de cet objet d’artisan des Vosges Made-in « certainement-pas-des-Vosges ». Pour ce qui est de la garniture, nous n’avons pas fait dans l’originalité: un bon bonbon au chocolat et l’affaire été pliée.

Là ou cela a été un peu plus dur, c’était sans la gestion de l’ouverture des petites portes. Car si la Croquette ne sait pas encore lire, elle a une mémoire qui ferai passer Ben Pridmore pour un poisson rouge (ouais…je m’enflamme un peu, je sais !). Donc le matin, nous n’avions pas encore ouvert les volets que la Croquette s’exclamait « Ohhhh…c’est la petite po’rte maintenant ». Toi, au réveil, t’est même plus sur de ta date de naissance, par contre elle est opérationnelle en un quart de seconde !

Autant vous dire que « la petite po’rte » se devait de passer avant toute autre activité matinales comme le changement de couche ou l’habillage. Pour éviter toute crise vis a vis du bombec, nous avions mis à chaque fois le même derrière chaque portes ( Big-up à Loïc et Céline pour l’idée…). Bon, les premiers jours nous étions un peu angoissé par un éventuelle « gobage » de la friandise…c’était sans compter sur l’effet du chocolat sur la plus part des êtres humains : ON NE GÂCHE PAS DU CHOCOLAT !

C’est donc avec beaucoup de méticulosité que la Croquette a bien pris soins de s’étaler tout le chocolat possible sur une surface comprise entre ses deux oreilles pendant 24 jours.

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Le sapin

Étant donné que la Croquette à une attirance pour tout ce qui brille, qui flashe, qui scintille, qui fait de la lumière, qui est plein de couleurs, vous imaginez sans peine qu’elle était dans le même état que peut l’être son père devant un Mac Pro 12-Core (pour faire court et modeste, je saute sur place et je fais « Youpi »). Et comme son père, elle voulait absolument toucher à tout, histoire de voir ce que la bête a dans le ventre, les limites de la machine, (on se reprend), a quel point c’est joli de très très prêt !

Nous avons donc établi une règle, elle n’avait le droit que de toucher une boule « Hérisson » (et pas une boule de hérisson pour ceux qui lisent de travers…). Autant vous dire la boule n’est pas restée intacte jusqu’au bout, mais le résultat voulu a été au rendez-vous: la Croquette n’a pas finie sous une avalanche de conifère.

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L’atelier « montage » de jouets

Vous avez déjà essayé de monter un meuble Ikea dans le silence et la sérénité ? Imaginez donc l’état de nerfs dans lequel on peut se retrouver à essayer de monter une mini-cuisine en bois, quand la Croquette roupille (donc en pleine nuit), sans pouvoir utiliser de visseuse avec une notice de montage de la taille d’un bigorneau nain (et encore, il n’y a que le recto de la feuille du timbre de rédigé !).

Dieu merci, il n’y avait que deux jouets à monter : une mini-chaise haute ou tu dois emboiter 2 bouts de plastiques en tout et pour tout…et « The f..k’in toy-kitchen back from outerspace » ou si tu n’as pas fait l’Ecole des Mines, tu l’as dans le croupion !

A deux, nous avons tout de même réussi à assembler cet objet du diable (en ne frôlant le divorce que deux ou trois fois…).

« Mais pourquoi… », me diriez-vous, « Pourquoi ne pas avoir attendu que la Croquette ouvre son paquet ? ». Facile : relisez donc le paragraphe précédent a partir de « Imaginez… », et rajoutez à l’ambiance déjà bien chargée « une petite fille qui veux jouer toutdesuitetoutdesuite a sa cuisine mais qui ne peut pas car elle est en vrac dans la boite ».

Je pense que cela vire à la tragédie grecque !

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Le départ pour le réveillon

Cette année (et je viens de me rendre compte, en fait, que c’est tout les ans), le 24 au soir se fait chez mes parents. C’est à quelques minutes du départ que le respect que je porte à mon père à atteins une altitude quasi-stratosphérique. Je m’explique : après avoir monté/emballé/planqué les jouets de la Croquette, il a fallu les mettre discrètement dans le coffre de la voiture. L’opération en elle-même n’a rien d’héroïque, sauf qu’à Noël, tu repenses invariablement à ton enfance. C’est à ce moment que je suis resté planté comme un cèpe au milieu du salon avant de me saisir de mon téléphone pour appeler mon père et avoir quelques explications.

En effet, quand j’étais un mini-geek (oui…à 5 ans c’était déjà le cas !), je passais toutes mes vacances de Noël à Monaco chez mes grands-parents…

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STOP : Pas de commentaires « jemelapetisque ». C’est juste que 50% de la famille est d’origine monégasque (mais, des vrais hein…Pas du style vieux chanteur confi/bouffi au Jack Daniels qui souhaite devenir Belge pour être après se tirer à Monaco)…OK ?

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Donc, en plus de charger (et décharger) le taxi, il fallait planquer nos jouets, les faire enregistrer en douce, les récupérer à Nice et les cacher chez mes grands parents, sans que ma sœur et moi-même soyons mis au parfum. Franchement, ça ou les 12 travaux d’Hercules, je choisi Hercules !

Autant vous dire que (attention…BIG SPOIL ! !  Eloignez les gosses de l’écran !) je pense qu’il y a eu un complot entre nos parents et les grands de CE2 pour nous faire comprendre que Papöel c’est un peu comme les droits de l’Homme en Chine : c’est beau d’y croire, mais ca sent un peu quand même la supercherie.

Donc le seul vrai mystère de Noël restera à jamais un mystère car mon père ne se souvient plus rien en ce qui concerne la logistique (c’est dire le traumatisme…).

J’étais donc très fier de moi d’avoir tout réussi à caser dans la bagnole sans que la Croquette ne pose une question sur l’hypothétique origine de Papöel.

Nous arrivons donc chez Nanny, que je vois arriver avec tous ses paquets sous le bras…et là, mon regard croise celui de ma femme qui, comme moi, a réalisé en un éclair l’imminence d’un cataclysme.

Je n’ai même pas eu le temps de sortir de la voiture pour lui demander de faire profil-bas, qu’elle ouvre la portière de ma femme pour tout lui poser sur les genoux, sans tenir compte du regard de la Croquette dont l’expression n’était pas sans rappeler celle d’une biche prise dans les phares d’une voiture (en gros « Maiskeskesékeca ? »). C’est grâce à une belle pirouette-Metroïd de ma femme que nous avons juste effleuré la catastrophe (en gros les cadeaux était là ; et l’instant d’après tous envolés…Magie !).

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Enfin Noël !

Quand tu repenses aux Noëls passés, il y a invariablement deux choses qui te restent en tête :

  1. Tu n’aurais jamais du reprendre 3 fois de l’oie car tu te rends compte que tu vas le payer très cher le lendemain (ou tu risque encore de manger comme un goret).
  2. L’ouverture des cadeaux que tu attendais tant (…ou que tu n’attendais pas du tout mais qui sont quand même là !).

Mais, le regard de TON enfant, lors de l’ouverture de ses paquets, les « ROoOOoh ! » d’émerveillement et ses petits rires, je peux vous assurer que cela reste gravé dans votre mémoire bien plus profond que le refrain de « A la volette ».

Perso, j’ai bien failli en pleurer…