Autant commencer cette aventure avec LE paradoxe parental : le congé paternité/maternité. Quelle espèce d’obscur connard (…oui, c’est un gros mot, mais comme il n’y a qu’ici que je peux un peu me lâcher sans entendre « connard » 30 fois de suite avec une petite voix suraigüe) a eu l’idée d’appeler cela un congé. Car oui, futur parents, ne penses pas que tu va pouvoir siroter un mojito tranquille sur la terrasse. Nan, nan , nan…ce n’est pas un congé…C’EST UN CAMP D’ENTRAINEMENT !

Le pire du pire, c’est que ton cerveau a occulté cette partie de ta vie, et que même pour le 2ème, tu as l’infime espoir de pouvoir te reposer. En fait, c’est un peu comme le cerf ébloui par les phares d’une voiture : il pense qu’il y a une chance que la voiture lui passe au travers sans rien lui faire…et fini attaché dans le coffre !

Papas, Mamans, accrochez vous, c’est ici que commence la nouvelle aventure…

 

Prologue

 

Il y a quelques semaines, ma femme a eue une idée tout simplement géniale : « Et si on partait en vacances avec les filles durant ton congé paternité » (c’est aussi pour cela que je l’aime !).

Ni une, ni deux, nous voila sur divers sites de vacances, mais bon, si c’est pour reproduire la même chose qu’a la maison ailleurs, vous conviendrez avec moi que cela n’a rigoureusement aucun intérêt. Notre choix se porte donc sur un des villages au trident histoire de ne rien avoir à faire, à part poser nos fesses et attendre que cela tombe. Ça pour tomber…c’est tombé !

 

Day 1 : Valoches Mania.

 

Au début, quand on a qu’un seul enfant, on limite les bagages a un (voire deux) semi-remorques. Et puis l’enfant grandit et vous arrivez à tout faire rentrer dans la voiture (en poussant fort !) et vous reprenez gout à voyager léger tout court.

Mais quand le 2ème est là, c’est plus « faire les valises », c’est carrément de la logistique digne d’un aéroport. Il y a la gestion:

  • De l’indispensable : poussette, bouffe, ordi portable…
  • Du dispensable :…en fait je ne trouve pas !
  • Des trucs impossible à retrouver : genre les clés de la bagnole a 2min du départ !
  • Des trucs dispensables sur le coup mais indispensables après 300 bornes : CAFE !
  • De la valise diplomatique : merde ! Ou est doudou ? Ou est mon macbook ?

 

Bref, autant la petite se laisse porter, autant, il faut bien briefer la grande sur l’éventuelle possibilité de se vider la vessie (ou autre chose…) avant de partir !

Dernière check-list avant de partir et zou !

Et le miracle se produit : mes filles voyagent BIEN !

Ça a tout de même failli mal se finir quelques kilomètres après le péage de St Arnoult, car la Croquette a fini par demander à aller faire pipi…C’est a ce moment là que je vois au loin un panneau d’aire…a 10km ! !

Bref je motive ma fille à dire au pipi de rester la ou il est (dans l’urgence, chacun sa méthode…). On fini par arriver, je continue de la motiver, je la pause sur les toilettes et à ce moment elle me sort « Oui pipi, il faut rester dans mon cucul ! ». Autant vous dire qu’elle a bien failli finir au fond des chiottes tellement je rigolais.

 

500km et 8h de sieste cumulée, nous arrivons enfin à l’hôtel, on s’installe et cela sent bon la victoire…(en plus du pin maritime). On va enfin pouvoir poser nos fesses !

ALL YOU CAN DRINK !

Quand tu arrives dans la salle du restaurant, tu es a 20 cm du sol, il faut beau, ça à l’air bon, les filles sont contente…Tu soupires de plaisir quoi !

En repartant vers la chambre, on passe devant le mini-club et on regarde les activités du lendemain pour les 2/4 ans, et la Croquette est super contente car il y a une piscine que pour les tout petit…UN RÊVE JE VOUS DIS !

On colle les gosses au lit…on est un peu terrassé par la voyage, et là…DING, Pititesoeur se met à chouiner…pleurer…hurler ! On met cela sur le compte du voyage/fatigue/reflux…Bref, notre première nuit a commencée vers 1h du mat…dur pour la suite !

 

Day 2 : Mini-Club Break !

 

Les vacances c’est bien, mais se reposer c’est mieux. Comme maintenant je suis réglé comme un coucou suisse pour ce qui est du réveil, j’entrouvre un œil a 6h du mat, sachant que Pititsoeur va se mettre à réclamer la pitance d’ici 15 minutes…Je prépare le bib et le médoc contre le reflux…6h15…rien…6h30 rien (ah si, Telematin commence !)…7h00..rien….8h RIEN ! ! ! Finalement, c’est à 8h30 que les deux se mettent à réclamer un peu d’attention. Comme pour la 1ere fois elles dormaient dans la même chambre, je suppose qu’il y a eu gros complotage ! (oui, ce n’est pas français, mais c’est MON blog !).

Le bib a été turbiné en 30 minutes chrono, médoc et rot de camionneur inclus, et on part prendre notre 1er petit déj (ou nous sommes accueilli par un GO déguisé en vache…et qui fatalement fait peur aux gosses) en prenant soin de bien repasser devant le mini-club avec une Croquette qui braille « C’EST ICI ! ! »…J’aime autant vous dire que toute vaillance va s’évaporer d’ici quelques minutes.

Après un petit déjà quasi pantagruélique (essaye de bouffer autre chose qu’un mini bol de cornflakes à la maison avec 2 moutards !), nous partîmes vers le mini-club.

Bon, y en a-t-il parmi vous qui on des vieux souvenirs de mini-club ou d’école maternelle ? Parce que ce que j’ai vu ce matin là n’augure rien de bon pour la rentrée de septembre !

On s’approche avec une Croquette, toujours super contente, quand un petit garçon commence a vaguement renifler en voyant môman qui le pose par terre pour discuter avec le GO Nounou du jour.

Et là BING, aussi sur qu’une réaction en chaine à Fukushima, un gosse se met à hurler, puis deux, puis six…Par solidarité, la Croquette se met à brailler plus fort que tout le monde (me perforant un tympan au passage…) et s’accroche a mon coup en faisant « NANANANANANANANANANANANANANAAAAAAAAAAAAAAAAAAN… » au cas où personne n’avait compris que toutes les bonnes intentions de la veille étaient parties en fumée.

Et là on se regarde avec ma femme et on se dit que « Ce n’est pas gagné Madeleine » (…oui, c’est une expression à nous !).

Alors on commence les négociations :

« Mais viens voir à l’intérieur…il y a plein d’enfant qui jouent »

« NAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAN ! »

« Ca a l’air sympa, il y a du maquillage »

« NAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAN ! »

« Il y en a un qui te fait coucou »

« J’VEUX PAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAS ! »

 

Bref, l’histoire était assez mal engagée quand une GO s’approche de moi avec l’idée de me prendre la Croquette des bras. A ce moment là, on ne sait plus bien si la Croquette pleurait ou si elle allait se transformer en quelque chose !

J’arrive tout de même à arracher la Croquette de mon cou (tout en m’arrachant 90% du cœur avec…horrible !) et elle part avec elle à l’intérieur. Malgré le double vitrage, on entend des hurlements de bêtes dans la pièce (car elle commence à contaminer tout le monde). Ce que nous ne savions pas, c’est que Croquette Scofield avait un plan du bâtiment tatoué dans la couche et quand une GO a vaguement entrebâillé la porte, on a vu notre fille piquer le 100m de sa vie en hurlant : « PAAPAAA…MAAAMMAAAN…DOUDOUUUUUU »…Autant vous dire qu’elle n’a jamais voulu y refoutre les pieds !

 

Day 3 : « Non, on ne va pas au miniclub ! »

 

Après avoir fait le deuil des quelques heures de temps « libre » que nous promettait Fox River le mini-club nous nous sommes mit en quête d’activité pour nous et les enfants.

Bon, pour Pititsoeur, se fut assez facile : bib+dodo+rebib…Il fallait donc se pencher sur le cas de la Croquette et également sur le notre (autant vous dire que je ne suis pas fan-fan de la danse de l’été autour de la piscine…).

La première des activités du jour fut de courser la Croquette autour du bungalow histoire de l’habiller (désolé pour nos voisins de la chambre 113 !), puis nous nous sommes dirigés vers le réfectoire pour prendre des forces avant la « bien belle journée » qui venait de commencer.

 

…Cette fois ci le gars de l’accueil est déguisé en léopard et à commencer à me faire plus peur a moi qu’à la Croquette !

 

Nous retournons à la chambre (sans faire gaffe on passe devant le mini-club, ce qui entraine un immédiat « jeveuxpasyallerjeveuxpasyaller ») pour nous préparer à aller à faire un tour sur la plage.

Comme mademoiselle viens de recevoir « T’choupi se baigne » (encore lui !), il ne faut pas 5 secondes pour qu’elle souhaite aller faire un gros plouf dans l’eau. Donc tu retires des godasses en urgence et pique un 100m pour aller rattraper ta fille qui fonce vers l’océan.

Et là, même après avoir passé une bonne partie de mon enfance en bords de mer, je me fais toujours avoir par «une-petite-vague-de-rien-du-tout-mais-qui-arrive-quand-même-à-te-mouiller-le-bas-du-pantalon-qui-n’est-pas-assez-retroussé »…et tu passe le reste de la balade avec le pantalon qui goutte sur tes pieds

L’heure du déjeuner arrive – je guette pour éviter Manimal ! – et en passant devant la piscine, la Croquette me fait comprendre que « Bon…C’est très rigolo la piscine aussi, et en plus j’ai mon maillot ici !! ».

Le repas plié, nous partons à la piscine.

Autant vous dire que le total-look « Hello Kitty ! » de la Croquette la rend très facile à repérer au milieu de la marmaille.

La Croquette me fait très vite sentir que le petit bain c’est rigolo, mais le grand bain à l’air bien aussi.

Alors, ce n’est pas trop une question de température (quoi que…), mais c’est surtout que j’ai gardé mon T-shirt pour éviter de me chopper un coup de soleil (qui sont systématiquement assez terribles pour moi !).

Mais j’ai beau lui dire que nous irons plus tard, je la vois enjamber les boudins de sécu et j’ai juste le temps de la rattraper par les bretelles du maillot !

Heureusement pour moi, les lèvres bleue-canard de la Croquette me donne un argument supplémentaire pour que nous allions nous sécher…Ce que je ne savais pas, c’est qu’au prochain tour à la piscine, j’aurai intérêt à être rapide comme l’éclair !

 

Day 4 : Quand Raingirl va au zoo

 

Ce matin là, ma femme devait aller chercher une nouvelle paire de lentille à Royan. Elle se lève donc plus tôt et part avec Pititesoeur sous le bras. Alors déjà que je trouvais la Croquette un peu distante avec moi (je n’ai découvert que 2 semaines après que c’était a cause de l’épisode du mini-club) mais je n’étais carrément pas assez caféine pour supporter ce qui allait suivre. C’est bien simple, du moment ou la Croquette c’est levée au moment ou sa mère est revenue, elle ne m’a pas décrochée UN mot !… (Ah si ! J’ai eu droit à « NaaaaaaaaaanNNN » !)

Dans une telle situation, il faut être fort, discipliné, avec un mental d’acier. Ce n’est pas un problème, j’ai tout ça….si j’ai eu mon café ! Comme mademoiselle n’a JAMAIS voulu mettre son pantalon (avec moi…car avec sa mère, en 2 minutes c’était réglé) je n’ai pas pu prétendre a ma dose matinale de caféine…et ça a été dur…..OH OUI !

 

C’est donc avec une mine de survivant d’hiver nucléaire que j’ouvre la porte a ma femme qui, ayant retrouvé une vue correcte, me demande ce qui se passe. J’ai articulé les quelques mots de vocabulaire qui me restait pour décrire l’attitude d’autisme latent de notre Croquette nationale qui, dès qu’elle a vu sa mère, s’est jeter sur elle pour lui dire que « Papa, il n’est pas content »…Tu m’étonnes !

 

Il était donc grand temps de sortir l’arme ultime : la sortie au zoo !

On mange rapidement (dans l’angoisse de voire surgir notre GO déguisé, cette fois, en abeille…). On se prépare, on fait 100m quand « BOUiiiiIIIIIII », Pititesoeur réclame son bib.

Autant vous dire qu’après la matinée que je venais de passer, je m’autoproclame « Donneur de biberon » et je laisse partir ma fille et ma femme et lui précisant que je l’appelle dès que c’est fini.

Au bout d’une heure (oui, Pititesoeur n’était pas pressée sur ce coup là), je téléphone à ma femme qui me dit qu’elles ne vont pas tarder à rentrer. On se donne RDV autour de la piscine et je pars en promenade avec Pititesoeur…Bon j’ai bien tourné 2h  avant de recevoir un coup de fil pour me dire qu’elles sont finalement rentrées !

Le résumé que me fait la Croquette de sa visite au zoo me fait amèrement regretter de ne pas être venu :

  • Moi : « Alors ma chérie c’était bien le zoo »
  • La Croquette : « Mmmm… » – HéHo…l’adolescence, c’est dans 13 ans ! ! –
  • Moi : « C’est tout ? »
  • La Croquette : « NoOn…On a vu plein d’animaux ! »
  • Moi : « Ah bon, et quoi… » – l’espoir renait !-
  • La Croquette : « Ho bah, il y avait un léopard qui faisait caca, un rhinocéros qui a fait plein de prouts et une girafe qui a voulu manger mon gâteau ! »

…et visiblement le reste est passé à l’as.

 

Pour éviter de risquer de passer pour un papa indigne, je suis allé éclater de rire dans les toilettes !

 

Day 5 et 6 : Un petit PLOUF et s’en va !

 

Le matin du Day 5, la Croquette n’a pas vraiment décolérer vis-à-vis de moi, mais j’ai eu l’insigne honneur de retourner à la piscine avec elle après le déjeuner (non sans avoir croisé notre ami GO, déguisé en…flamant rose ! Je pense que ce type a un abonnement chez le psy en fin de saison).

Cette fois ci, Hellokitty-girl est bien décidée à aller dans le grand bain : « Pourquoi-pas ! » dis-je.

Je commence doucement à descendre à l’échelle (car la flotte n’est pas chaude-chaude) quand j’entends, sur ma gauche, un « Tu m’attrapes papa ? »….COMMENT CA « TU M’ATTRAPES PAPA ? »  !!

J’ai donc du réaliser un truc a mi-chemin entre le plongeon et la glissade incontrôlée depuis l’échelle pour rattraper ma progéniture au vol, qui a aussitôt commenté mon exploit par un « ENCORE !! »…Bah, au point ou j’en étais, autant recommencer…

 

C’est après une bonne trentaine de saut de Croquette qu’elle a fini par virer au schtroumpf et que j’ai pu me reposer un peu…

 

Le retour en voiture fut tout aussi calme qu’a l’aller, (bon à un moment, en me retournant, je me suis aperçu qu’elle avait une couche sur la tête). C’est peut-être aussi parce que le Croquette a trouvé de quoi jouer pendent que ses parents refaisaient les niveaux de caféine

Logique...C'est ma fille !

Après 11 jours, j’avoue, quelque part, avoir été content de retourner au boulot…histoire de se reposer un peu avant les grandes vacances !