Calvin & Hobbes - Bill Watterson

Cette plage illustre tellement bien ce qui va suivre (ndlr: j'adore Calvin & Hobbes)





La lecture, voilà un passe-temps vertueux auquel bien des personnes devraient s’adonner, au lieu de tenter désespérément d’atteindre le World-Ranking-Top-10 sur « Poney Academy » (avant que vous me fassiez la demande: NON, je ne vais pas faire un lien vers ce monument du gaming on-line….ET ENCORE MOINS UN TEST !).

Quand on a un enfant, on passe à un autre type de lecture: on raconte une histoire…et c’est là que tout se corse.

Il faut « apprendre » à lire une histoire, car lire dans son coin (et surtout dans sa tête) c’est à la portée de beaucoup de gens, mais raconter une histoire pour son gosse, c’est franchement autre chose et cela mérite quelques explications/encouragements et une bonne dose psycho-parent-logie pour éviter de terminer la lecture avec deux Lexomils dans le citron.

Alors si toi aussi tu n’es pas Pierre Bellemare, voici ton prochain guide de survie :

Capter l’attention du « nain »

Le terme « nain » utilisé dans le titre n’est absolument pas péjoratif, mais c’est bien pour vous mettre en garde, car si l’enfant décroche, il risque bien de se transformer en nain, mais genre teigneux-du-fin-fond-de-la-Moria-qui-veux-découper-du-gobelin-en-rondelles.

Pour éviter le carnage, il faut donc rendre l’histoire cap-ti-vante. C’est cette partie qui peut être la plus Lexomilogène car va coller un suspens insoutenable à une histoire de Tchoupi, dont l’intensité dramatique équivaut à celle d’une quittance EDF, pour savoir si le petit pingouin met ses chaussures bleues ou ses chaussures rouges (Oui…après plusieurs recherches sur Internet, je vous confirme que Tchoupi est un pingouin…avec une grosse tête de fayot – dédicace à Nadia Daam).

Donc, vous voila bien à essayer « d’hitchcokiser » votre histoire de godasses. Mais ne vous inquiétez pas, il y a bien une technique pour cela. Il faut (j’ai honte, mais ça marche) ponctuer votre récit de « Ohhh lala ! » et de « Et bien dis-donc ».

Le revers de la médaille, c’est que si votre conjoint(e) passe par là, il y a de forte chance qu’elle(il) pense qu’un clown de chez Pinder est en train de roder son spectacle dans les parages.

Vous ne serez jamais ridicule avec vos imitations (vérifiez quand même qu’il n’y a personne à proximité)

Dans les histoires pour enfants, il est très probable que vous soyez confronté à un animal doué de parole (genre un ours…qui parle…et tout le monde autour trouve cela normal !). Bref, si le nounours en question est plus du genre grizzly que Martin (le pote de Franklin la tortue…qui parle aussi…et c’est toujours normal !), il va probablement falloir forcer un peu sur la voix pour la rendre plus grave, mais pas effrayante ! (c’est pour endormir, pas pour traumatiser à vie).

Je vous rassure, l’ours, c’est un des plus simples. Par contre, quand tu as toute une ribambelle de gnomes et autres ustensiles de cuisine qui tapent la discute, il faut faire des efforts surhumains pour ne pas coller la même voix à tout le monde et éviter virer complètement schizophrène. Pour éviter la migraine du siècle, il convient de montrer du doigt celui qui vient de prendre la parole (même si il s’agit d’un fer à repasser…) pour qu’il y en ait au moins un qui s’y retrouve dans l’histoire.

Une histoire c’est bien, toujours la même c’est mieux (mais pas pour vous)

Cela a été démontré par plusieurs études, les enfants aime la répétition… la répétition… la répétition… la répétition…

Alors attendez-vous à lire et relire souvent la même histoire. Cette fois-ci, c’est votre endurance qui va être mise a rude épreuve, car :

  • Lire une histoire une fois, ca va…
  • Lire une histoire une deuxième fois, ca va aussi…
  • Relire la même histoire tout les soirs à la même heure, avec un gosse qui visiblement la connait également par cœur, il faut des nerfs assez solides !

Donc pour éviter de bâcler l’histoire en trente secondes, et avouer avant la fin que Tchoupi va finalement prendre des chaussures vertes (alors qu’il nous a gavé car il hésitait entre les bleues et le rouges….le con !), il faut réussir à faire diversion. Dans ce cas, il faut un peu laisser parler le mauvais parent qui est en vous ET PLANQUER CE FICHU BOUQUIN !

Certes, cette méthode est discutable, mais au bout de la vingtième lecture, je peux vous jurer que vous êtes même prêt à gober le livre tout rond si cela peut vous éviter une énième représentation.

Le problème c’est que quand vous avez réussi à faire plier votre enfant, il y a de forte chance pour que la nouvelle histoire devienne sont nouveau best-of…Vous savez ce qui vous reste à faire !

Pour revenir au cas précis de la Croquette, il y a, en ce moment, plusieurs histoires qui se bagarrent le podium du championnat « Qui-va-rendre-papa-psychotique », mais voici le top-two de celles qui me font devenir chèvre :

Tchoupi à une petite sœur

Ce message étant pile dans l’actu familiale, j’aime autant vous dire que l’on rabâche un peu l’information à la Croquette.

Malheureusement, je pense que Tchoupi et ses parents vivent dans une dimension parallèle ou la pire chose qui puisse t’arriver, c’est d’avoir un gravillon dans ta godasse !

Car oui, quand Tchoupi est malade, il a un peu de fièvre, il est un peu fatigué, il s’enfile sans rechigner son sirop et vingt minutes plus tard il pette la forme. Tchoupi ne va jamais dégeuler partout, il ne va jamais finir aux urgences et ne va SURTOUT jamais contaminer ses parents avec la gastro du siècle.

Donc concernant l’arrivée de sa petite sœur, non seulement tout va bien (juste un petit coup de jalousie car il veut son gouter…le bâtard !), mais la petite sœur fait direct ses nuits, ne fait jamais chier personne, n’a pas de problème de digestion et sourit tout le temps !

J’ai donc un peu peur que le message diffusé a la Croquette par cette histoire travestisse un peu la réalité car elle est presque prête à lui prêter ses jouets directement. Ne voulant pas décourager les bonnes volontés, je la laisse parler et j’évite de lui sortir un truc du style : « Ca ma chérie, je le croirai quand je le verrai ! »

La journée des petits

Cette fois-ci, nous rentrons à pieds-joints dans les livres d’éveil…Nous suivons les aventures trépidantes d’une petite blondinette du lever au couché.

Je préfère casser le suspense tout de suite, la blondinette ne pette pas une durite pour aller braquer une banque au milieu du livre.

L’idée générale du bouquin et de faire découvrir à la Croquette ce qui va se passer quand elle va aller a l’école : le départ le matin, l’entrée en classe, la cantine, la sieste…
Alors, autant Tchoupi vit à Prozacland, autant dans cet opus c’est plutôt Grosmatcho World. La seule fois ou tu vois le papa, c’est quand il se fout les pieds sous la table !

Alors, quand tu es un papa qui milite pour le partage des taches, voir bobonne se taper les courses (ou il n’y a que des femmes d’ailleurs !), le bain, la bouffe…et avec le sourire, tu te demande quelle espèce de misogyne a pu écrire ce truc…Tu retournes le livre et tu te rends compte que c’est deux femmes qui ont écrit ça !…Bravo les filles : c’est ce qui s’appelle se tirer un balle dans le pied !

Au final la Croquette pense qu’elle ne va faire que de la peinture et de la pâte à modeler à l’école…Je vous prépare un post pour dans 13 ans pour vous livrer son ressenti sur l’atroce vérité.

Pour finir, je dois quand même vous avouer un truc concernant ces petits moments que je passe avec ma fille :

  • Oui, je connais toutes les histoires part-cœur…
  • Oui, j’ai parfois une envie folle d’abréger…
  • Oui, je baille au moins 4 ou 5 fois par histoire (Bah…C’est pour endormir !)…

…mais qu’est-ce que l’on peut rigoler avec la Croquette avant qu’elle aille se coucher !